Retour au Blog
Maintenance6 min

DPE collectif : ce que doit faire une petite copropriété

Depuis 2026 l'obligation touche toutes les copropriétés d'habitation, y compris celles de six lots gérées par un bénévole. Voici le calendrier, le vote et le coût réel.

Sur le rebord d'une fenêtre ancienne, une caméra thermique, un télémètre laser, un plan d'immeuble et un carnet de notes
Image générée par IA

Depuis le 1er janvier 2026, toute copropriété d'habitation dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 doit disposer d'un DPE collectif, y compris celles de moins de 50 lots (service-public.gouv.fr). Le diagnostic se vote à la majorité simple de l'article 24, vaut dix ans et coûte de 1 000 à 5 000 € selon l'Ademe.

Une copropriété de huit lots, dans un immeuble des années soixante-dix, tient son assemblée générale de printemps sans se douter de rien. Le syndic bénévole présente les comptes, on vote la réfection du hall, tout le monde rentre chez soi. Trois mois plus tard, le bureau d'études chargé de préparer le plan pluriannuel de travaux demande le DPE collectif de l'immeuble, dont personne n'avait entendu parler. Les grands immeubles y sont passés en 2024, ceux de 50 à 200 lots en 2025 (ecologie.gouv.fr). Les petites copropriétés, celles qui n'ont ni syndic professionnel ni conseil syndical étoffé, ferment la marche.

Qui est concerné, et qui ne l'est pas

L'obligation vise le bâtiment, pas le nombre de copropriétaires. Si l'immeuble est à usage d'habitation collective et que son permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013, le DPE collectif s'impose, que la copropriété compte huit lots ou deux cents. Deux situations échappent à la règle : les immeubles dont le permis est postérieur à cette date, d'abord, et ensuite la copropriété qui dispose déjà d'un diagnostic collectif en cours de validité, à qui il est inutile d'en refaire un tant que celui-ci n'a pas expiré. Outre-mer, l'obligation n'arrive qu'au 1er janvier 2028.

Attention à ne pas confondre ce document avec le DPE individuel que vous avez fait établir pour vendre ou louer votre lot. Le DPE collectif porte sur l'immeuble entier (enveloppe, toiture, installations communes de chauffage et de ventilation) et sert de base technique aux travaux votés en assemblée.

Ce qu'il contient et combien de temps il vaut

Le diagnostic décrit l'état énergétique du bâtiment, estime sa consommation et ses émissions, lui attribue une étiquette énergie et une étiquette climat de A à G, évalue l'aération et surtout formule des recommandations de travaux avec une estimation de leur coût. C'est cette dernière partie qui intéresse la copropriété : elle transforme une intuition partagée (« le bâtiment est une passoire ») en liste chiffrée. Sa durée de validité est de dix ans. Un diagnostic réalisé après le 1er juillet 2021 qui classe l'immeuble en A, B ou C dispense de le renouveler.

À noter : le DPE collectif ne remplace pas d'office le DPE exigé pour vendre ou louer un appartement. Le diagnostiqueur peut toutefois, à partir du DPE de l'immeuble, établir les DPE de tous les logements sans les visiter un par un, à condition que fenêtres, ventilation et chauffage soient similaires (ecologie.gouv.fr). Le copropriétaire qui a fait des travaux chez lui garde la possibilité de commander son propre DPE.

Le vote en assemblée générale et le coût réel

Le syndic inscrit à l'ordre du jour la réalisation du diagnostic et le choix du prestataire, votés à la majorité simple de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 : la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. C'est la majorité la plus accessible du droit de la copropriété, et l'inscrire à l'ordre du jour est la seule vraie difficulté du dossier.

Le budget est moins rassurant qu'on ne l'imagine.

Selon l'Ademe, citée par service-public, un DPE collectif coûte entre 1 000 et 5 000 €, selon la taille de la copropriété, sa localisation, les caractéristiques du bâtiment et le système de chauffage. Le tarif n'est pas réglementé, et aucune aide ne finance ce diagnostic obligatoire. La dépense se répartit entre copropriétaires selon les tantièmes, comme n'importe quelle charge commune.

Faites chiffrer par deux ou trois diagnostiqueurs certifiés et demandez à voir un rapport déjà rendu. La qualité des recommandations varie beaucoup plus que le prix, et un rapport bâclé donne un plan de travaux inutilisable.

Ce qui se passe si la copropriété ne l'a pas

La loi ne prévoit pas de sanction contre la copropriété qui n'a pas fait réaliser son diagnostic, dès lors que la question a été portée à l'ordre du jour d'une assemblée. C'est ce qui explique que tant d'immeubles laissent traîner.

La lecture est courte, car les conséquences réelles sont ailleurs.

Sans DPE collectif, la copropriété avance à l'aveugle sur trois terrains à la fois :

  • L'élaboration du plan pluriannuel de travaux, dont le projet s'appuie sur une analyse du bâti et sur le DPE (service-public.gouv.fr)
  • Le débat obligatoire qui suit la présentation du DPE : le syndic doit ensuite interroger l'assemblée sur un plan de travaux d'économies d'énergie ou un contrat de performance énergétique
  • La responsabilité du syndicat envers le copropriétaire qui ne peut plus louer ou vendre à cause d'une mauvaise étiquette due aux parties communes

Ce dernier point mérite d'être dit clairement à ceux qui gèrent leur immeuble eux-mêmes : le bénévole n'est pas moins tenu qu'un professionnel d'inscrire la question à l'ordre du jour. Il est simplement moins bien informé, ce qui n'a jamais constitué une défense.

L'enchaînement diagnostic, travaux, financement

Le DPE collectif ouvre une séquence. Le diagnostic constate, le plan pluriannuel programme et chiffre sur dix ans, et le fonds de travaux alimenté chaque année finance ce qui a été programmé.

Prises séparément, ces trois obligations ressemblent à de l'administratif imposé d'en haut. Enchaînées, elles font exactement ce qu'un immeuble ancien réclame : savoir ce qui va lâcher, dans quel ordre, et avoir mis de l'argent de côté avant que ça lâche.

Pour une copropriété gérée par un syndic bénévole, le bon réflexe est de traiter les trois dans la même assemblée : voter le diagnostic, prévoir l'inscription du plan à l'ordre du jour suivant, et ajuster la cotisation au fonds en conséquence. Une fois rendu, le rapport est annexé au carnet d'entretien et tenu à la disposition des copropriétaires ; dans un logiciel pour syndic bénévole comme Vecinly, il se range avec les autres documents de l'immeuble, consultables par chaque copropriétaire.

Le DPE collectif est-il obligatoire en copropriété ?

Oui, pour tout bâtiment d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. L'obligation court depuis 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots, 2025 pour celles de 50 à 200 lots et le 1er janvier 2026 pour les autres.

Quel est le prix d'un DPE collectif ?

Entre 1 000 et 5 000 € selon l'Ademe, en fonction de la taille de l'immeuble, de sa localisation, de ses caractéristiques et du chauffage. Le tarif est libre et aucune aide ne le finance.

Quelle différence entre DPE collectif et DPE individuel ?

Le DPE collectif évalue l'immeuble entier et sert à programmer les travaux des parties communes. Le DPE individuel porte sur un logement, pour sa vente ou sa location ; il peut être tiré du DPE de l'immeuble quand les logements ont des équipements similaires.


Inscrivez la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée, avec deux ou trois devis joints à la convocation. Lisez ensuite les recommandations avant de les classer : ce sont elles qui serviront de base au plan de travaux.

Informations à jour à septembre 2026. Cet article a un caractère informatif et ne constitue pas un conseil juridique.

Le DPE collectif est obligatoire pour toutes les copropriétés d'habitation : qui est concerné, comment le voter en AG et combien il coûte réellement.

Partager l'article :

Disponible en 2 langues

Essayez la plateforme spécialisée pour votre copropriété

Organisez la maintenance, la communication et la gestion facilement.